fbpx

Les vêtements sont importants – même si nous ne rencontrons personne dans les rues et bien que les échanges sociaux soient réduits au minimum.

Jeroen van Rooijen

Cela n’a rien d’étonnant mais merci quand même à tous qui se sont échauffés et qui m’ont écrit après parution de la première épisode des contributions Alferano sur le confinement. Certains m’ont fait savoir qu’il existe des choses bien plus importantes que la tenue et le styling pendant cette période difficile. Sur Facebook, quelqu’un m’a envoyé au diable…. avec mes mocassins en suède et mes pantalons de jogging en cashmere. Il m’a fait savoir il n’acceptait jamais une intervention à domicile de la police du style.

Premièrement, nous ne nous mêlons pas dans les affaires d’autrui et nous ne sommes pas de policiers non plus. Nous voulons seulement stimuler un peu la conversation, en espérant de pouvoir vous inspirer et vous divertir. Sans un sens de l’humeur, la vie peut se révéler très dure. Deuxièmement, les vêtements ne constituent pas un sujet tout à fait futile – même pas durant des crises. Notre conviction reste inébranlable.

Pendant des périodes difficiles, l’habillement peut offrir un peu de soutien. Une chemise fraîchement repassée constitue un acte de courage civil différent que sortir simplement un t-shirt du séchoir. A propos : repasser au fer chaud peut être méditatif et se révèle bénéfique pour les voies respiratoires – et nous avons actuellement presque tous assez de temps à consacrer à de telles tâches. Encore une fois : personne ne mettra un costume et une cravate pour faire du home office. Pourtant, il y a bon nombre de personnes, auxquelles appartenons nous et nombreux de nos clients, pour lesquelles les vêtements nous aident à mieux gérer nos vies et à nous sentir un peu mieux.

Faisons l’effort de nous soigner, de nous raser, de changer nos vêtements. Tout soldat le sait : Il faut de l’ordre – même sur le champ de bataille. Ou comme le chroniqueur du Financial Times, Robert Armstrong, écrivait récemment: “In a crisis, order matters, including forms of order that are purely symbolic”. Armstrong s’est inspiré de Christian Dior qui disait : “Simplicity, grooming and good taste – they cannot be bought but they can be learnt, by rich and poor alike” – pour lui, la clé d’une bonne vie.

D’autres bons mots encore? Voilà Adolf Loos, le grand apôtre du style de vie contemporain : “La culture d’un état se mesure au nombre de citoyens faisant usage de l’acquis libéral de jolis vêtements”. Cette citation date de 1920, donc il y a cent ans, lorsque la pandémie la plus grave, la grippe espagnole, ravageait la planète. Il y a 50 ans que le grand couturier et royaliste anglais, Hardy Amies, écrivait : “La civilisation signifie le respect de la loi et de l’ordre, l’estime des inventions et de la beauté ainsi que la recherche de l’amour et de l’amitié”.

Voilà pourquoi, au nom de la civilisation et de sa pérennité cruellement menacée, je vous fais appel de porter maintenant, plus que jamais de jolis vêtements. Comme signe de l’espoir. Permettez que je cite un autre grand auteur pour clore : “Si, dans notre société, un comportement répréhensible, que l’on constant partout…. est perpétuellement récompenser, de moins en moins de personnes seront amenées à se comporter de manière décente» (Axel Hacke, auteur du petit bouquin “Sur la décence et la manière de se comporter dans des périodes difficiles”).

Jeroen van Rooijen
Jeroen van Rooijen est critique du style et était l’un des co-fondateurs du concept store Alferano.
Prenez rendez-vous